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Cette année 1913

Les extraits issus des registres des conseils municipaux de Saint-Urbain sont reproduits en « italique » avec leurs éventuelles fautes d’orthographe.

Le service militaire et les indigents

Le premier conseil municipal fut celui du 9 février 1913, de bonne heure, puisque le registre y indique 8h15 du matin. Monsieur François Diverrès est le maire du village et propose au conseil une liste d’indigents pour lesquels l’assistance médicale sera gratuite toute l’année. Autre sujet abordé, l’appel sous les drapeaux d’un enfant du village qui « se trouve être le seul véritable soutien de sa mère, veuve depuis 2 ans ». Le conseil considérant que « la dite veuve n’a rien que le produit de sa petite ferme pour subvenir à ses trois enfants en bas âge, qu’elle est en outre d’une santé délicate d’après le certificat fourni par le médecin est d’avis qu’elle » puisse recevoir une allocation durant la présence de son fils sous les drapeaux. Le conseil prendra la même mesure pour une autre famille reconnue comme indigente et dont le fils aîné est appelé au service militaire. Le conseil décide de demander une subvention pour la réfection de la route de Landerneau qui est « dans un état déplorable et se trouve être cependant très fréquenté les jours de foires et de marchés de Landerneau . »

Le conseil du 30 mai 1913 passe en revue le cas de 2 personnes âgées à inscrire sur la liste des vieillards, et qui bénéficieront d’une aide financière pour l’un, de 10 francs par mois et pour l’autre d’une avance auprès du commerçant du village pour achat de vivres.

Durant la séance du 17 août 1913, le conseil donne deux avis très favorables à une demande de secours comme soutien de famille à deux jeunes futurs soldats de la commune. Ces avis devaient permettre à ces jeunes de ne pas partir sous les drapeaux.

La séance du 28 septembre 1913 nous apprend que le conseil vote régulièrement des sommes à Monsieur Cloarec, menuisier de la commune, pour fournir des cercueils lors d’inhumation d’indigents de la commune.

Le salaire du cantonnier et autres dépenses

Le 16 mars 1913, le conseil se penche sur le projet d’annexion du sud de la commune par le village de Daoulas, chef lieu de canton (voir le détail ici). Il aborde notamment la question du salaire du cantonnier dédié à l’entretien des chemins vicinaux. Puisque « le projet d’annexion va réduire les chemins vicinaux de St Urbain de 800 mètres environ sur 14 kilomètres », le conseil propose de « réduire le traitement dudit cantonnier de dix francs au budget de St Urbain et demande au conseil municipal de Daoulas de l’augmenter de la même somme à son propre budget. » De plus le conseil « donne un avis défavorable au projet de foire hebdomadaire pour les porcs à Lesneven car portant préjudice aux foires aux bœufs de Landerneau tombant également le lundi. »

Le conseil du 30 mai 1913 demande « à l’unanimité que le train de rapidité n°514 continue à s’arrêter à Landerneau comme par le passé. » Le conseil vote la somme de 97 francs pour « la réparation de la charpente de la toiture de l’église » « vu qu’avec les groupes scolaires , l’église communale sont les seuls bâtiments dont les réparations incombent à la commune .»

L'alcool paye le téléphone

Les conseillers (30 mai 1913) évoquent « aussi l’utilité de l’installation du téléphone dans la commune. » (voir l'article complet ici). Ils veulent connaître les engagements financiers incombant de ce fait à la commune tant pour l’installation que pour la continuation du service.

La séance du 8 juin 1913, à huit heures du matin nous évoque « le rapport présenté par la commission d’enquête. » Le détail est ainsi exposé : « remboursement annuel pour emprunt 50 F, un traitement annuel du gérant 100 F, une location annuelle d’une cabine téléphonique 25 F, plus les frais d’installation d’une cabine 50 F. Le total général est donc de 225 F. » Cette année 1913 ne verra pas l’arrivée du téléphone car « le conseil après avoir délibéré, vu les dépenses qu’il faut engager [...] vu l’état peu propice des finances de la commune qui est obligée d’avoir recours annuellement à un vote de 14 à 15 centimes pour insuffisance de revenus décide qu’il y a lieu de surseoir à l’installation du téléphone jusqu’à création dans la commune d’une taxe d’octroi sur l’alcool. » Demande de création qu’elle fait ce jour-même à l’administration. On apprend aussi qu’en 1913, un habitant recevait « une somme de 25 francs comme gratification par semestre pour s’occuper du remontage de l’horloge communale ».

La séance du 28 novembre 1913 présente les modalités du futur octroi pour le financement du téléphone. Ils veulent un octroi sur une « période maxima » , « sur toute l’étendue de la commune », « que les produits taxés soient l’alcool pur contenu dans les eaux de vie, esprits, liqueurs absinthes », « que la taxe soit élevée à quinze francs par hectolitre. » La séance extraordinaire du 30 novembre 1913 est convoquée par l’adjoint au maire De Parcevaux suite à la démission du maire M. Diverrès. Monsieur De Parcevaux obtient 10 voix contre 1 à monsieur De Boisanger.

À la séance du 14 décembre 1913, le conseil est saisi de la question sur la limitation des débits de boissons par le Préfet. Le conseil évoque que « pour enrayer les progrès toujours croissants de l’alcoolisme, il y a lieu de limiter le plus tôt possible le nombre de débits de boissons, et considérant qu’il est très difficile pour un maire de prendre un tel arrêté auprès de ses administrés… refuse de se prononcer. »

Julien POUPON

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